Vos oreilles méritent le meilleur : notés 4,9/5
Étoile pleine Étoile pleine Étoile pleine Étoile pleine Étoile demi-pleine
sur Google

Le questionnaire THI (Tinnitus Handicap Inventory, ou questionnaire sur le handicap lié aux acouphènes) est un auto-questionnaire de 25 questions qui mesure le retentissement des acouphènes sur la vie quotidienne. Chaque réponse vaut 4, 2 ou 0 point, ce qui donne un score de 0 à 100 classé en cinq grades, du handicap léger au handicap catastrophique. Créé en 1996 aux États-Unis, il dispose d’une version française validée depuis 2010. La Haute Autorité de santé le considère, dans sa recommandation de juillet 2026 sur les acouphènes invalidants, comme un outil indispensable en première intention. Le THI ne mesure ni la cause ni l’intensité sonore d’un acouphène : il mesure la gêne qu’il provoque.

Point clé Ce qu’il faut savoir
Nombre de questions 25 questions fermées, réponses « Oui », « Parfois » ou « Non »
Sous-échelles Fonctionnelle (11 items), émotionnelle (9 items), catastrophique (5 items)
Score De 0 à 100 ; plus il est élevé, plus la gêne est importante
Grades I (0-16), II (18-36), III (38-56), IV (58-76), V (78-100)
Version française Validée en 2010 (Ghulyan-Bédikian et al., L’Encéphale)
Amélioration cliniquement pertinente Baisse d’au moins 7 points (soit 8 points en pratique, le score étant toujours pair), critère repris par la HAS pour évaluer un essai d’aide auditive
Ce que le THI ne fait pas Il ne pose pas de diagnostic et ne recherche pas la cause de l’acouphène

Qu’est-ce que le questionnaire THI ?

Le THI a été développé par Craig Newman, Gary Jacobson et Jaclyn Spitzer, et publié en 1996 dans les Archives of Otolaryngology–Head & Neck Surgery. Les auteurs cherchaient un outil court, simple à administrer et à interpréter, et suffisamment robuste pour une utilisation en consultation. La version finale de 25 items a été dérivée d’une version initiale de 45 questions. Sa cohérence interne s’est révélée excellente (alpha de Cronbach de 0,93), sans effet significatif de l’âge ou du sexe.

Un acouphène est une perception sonore (sifflement, bourdonnement, grésillement, souffle) sans source sonore extérieure. Il n’existe aucun appareil capable de « voir » un acouphène subjectif ou d’en mesurer directement la gêne. L’auto-évaluation du patient, à l’aide d’outils standardisés, reste donc la seule manière de quantifier ce que l’acouphène fait à sa vie. Le THI répond précisément à ce besoin : transformer une plainte souvent invisible pour l’entourage en un score chiffré, comparable dans le temps.

Cette dimension subjective explique un constat fréquent en consultation : deux personnes présentant un acouphène de caractéristiques très proches peuvent en être gênées de façon radicalement différente. La perception auditive varie d’ailleurs beaucoup d’un individu à l’autre, jusqu’à des aptitudes rares comme l’oreille absolue, cette capacité à identifier une note sans référence. C’est pourquoi on évalue le vécu de l’acouphène, et pas seulement le son perçu.

Structure du questionnaire THI : 25 questions et trois sous-échelles

Les 25 questions sont réparties en trois sous-échelles, chacune explorant une facette différente du retentissement de l’acouphène.

Sous-échelle Nombre d’items Score maximal Ce qu’elle explore Exemples de thèmes
Fonctionnelle (F) 11 44 Les limitations dans les activités quotidiennes, sociales et professionnelles Concentration, endormissement, lecture, fatigue, vie sociale
Émotionnelle (E) 9 36 Les réactions affectives provoquées par l’acouphène Colère, frustration, irritabilité, anxiété, humeur dépressive
Catastrophique (C) 5 20 Les pensées les plus négatives liées à l’acouphène Désespoir, sentiment de perte de contrôle, impression d’être gravement malade

La version française reproduite en annexe de la recommandation HAS de 2026 identifie chaque item par une lettre (F, E ou C), ce qui permet de calculer un score par sous-échelle en plus du score total. Ces sous-scores sont utiles en pratique : un score élevé sur la sous-échelle émotionnelle ou catastrophique oriente davantage vers un accompagnement psychologique, tandis qu’un score fonctionnel dominant traduit surtout un retentissement sur le sommeil, la concentration ou la communication.

Comment calculer le score THI ?

Le calcul est volontairement simple. Chaque réponse rapporte un nombre fixe de points :

  • « Oui » = 4 points ;
  • « Parfois » = 2 points ;
  • « Non » = 0 point.

Le score total correspond à la somme des 25 réponses, soit (nombre de « Oui » × 4) + (nombre de « Parfois » × 2). Il varie de 0 à 100. Comme chaque réponse vaut un nombre pair de points, le score total est toujours pair, ce qui explique que les bornes des grades passent par exemple de 16 à 18.

Exemple de calcul : une personne répond « Oui » à 5 questions, « Parfois » à 8 questions et « Non » aux 12 autres. Son score est de (5 × 4) + (8 × 2) = 20 + 16 = 36 sur 100, soit un grade II, à la limite supérieure du handicap léger.

Interpréter le score THI : les cinq grades de sévérité

Le score total est classé en cinq grades. Cette grille, issue des travaux de gradation de la sévérité des acouphènes publiés par un groupe de travail britannique (McCombe et al., 2001), est reprise telle quelle dans l’annexe de la recommandation HAS de 2026.

Score THI Grade Niveau de handicap Lecture pratique
0 à 16 I Pas de handicap ou handicap léger L’acouphène est perçu surtout dans le silence et ne perturbe pas la vie quotidienne
18 à 36 II Handicap léger L’acouphène peut être gênant ponctuellement, sans retentissement durable
38 à 56 III Handicap modéré La gêne est régulière et peut perturber le sommeil ou la concentration
58 à 76 IV Handicap sévère L’acouphène retentit nettement sur les activités, l’humeur et le sommeil
78 à 100 V Handicap catastrophique La gêne est envahissante et s’accompagne souvent d’une détresse importante
Score questionnaire THI

Le vocabulaire varie selon les documents : la recommandation HAS parle de handicap « moyen » ou de gêne « élevée » pour la tranche 38-56 dans ses chapitres thérapeutiques, et de gêne « très élevée » à partir de 58. Ce qui compte en pratique, ce sont les seuils chiffrés. Le grade a une valeur d’orientation : il ne s’interprète jamais seul, mais avec l’examen médical, le bilan auditif et l’échange avec le patient.

Ce que le score THI change dans la prise en charge

Depuis la recommandation de bonne pratique publiée par la HAS en juillet 2026, le score THI n’est plus seulement un indicateur descriptif : il sert de repère explicite pour adapter la prise en charge. Selon ce texte, les résultats des questionnaires doivent être analysés avec le médecin lors de la consultation initiale, puis régulièrement au cours du suivi, car la gêne peut fluctuer dans le temps.

Score THI Orientations prévues par la HAS (2026)
36 ou moins Approches globales non spécifiques possibles (conseils, thérapies d’acceptation, pleine conscience) ; en l’absence de surdité, enrichissement sonore de l’environnement associé à d’autres approches
38 à 56 Thérapies comportementales et cognitives (TCC) pouvant être proposées ; en cas de surdité associée et de gêne élevée, aide auditive proposée en première intention
58 ou plus Orientation systématique vers une TCC ; en cas de surdité objectivée, essai d’aide auditive à discuter en priorité, y compris lorsque la perte ne répond pas aux critères habituels de prise en charge

Le caractère « invalidant » d’un acouphène se définit d’abord par son retentissement : la recommandation le retient lorsque la détresse qu’il entraîne affecte la qualité de vie ou l’état de santé du patient, et le conduit à rechercher une prise en charge. Un score THI supérieur à 50, ou une échelle visuelle analogique de gêne d’au moins 6 sur 10, est cité comme repère dans un avis de la HAS relatif aux implants cochléaires, auquel la recommandation renvoie ; ce n’est pas une frontière absolue, et un patient sous ce seuil peut tout à fait justifier une prise en charge. Pour les surdités unilatérales sévères à profondes, la recommandation mentionne un THI d’au moins 58 associé à une EVA de gêne d’au moins 6 parmi les situations où un médecin ORL peut discuter un implant cochléaire, après échec ou inefficacité des solutions de routage controlatéral du signal ou à ancrage osseux.

Pour une présentation complète de ce texte, consultez notre article sur les nouvelles recommandations de la HAS sur les acouphènes.

THI et appareillage auditif : mesurer le bénéfice d’une aide auditive

C’est dans le suivi de l’appareillage que le THI prend toute sa valeur pour un audioprothésiste. Lorsqu’un acouphène s’accompagne d’une perte auditive (perte tonale moyenne supérieure à 20 dB HL selon la recommandation HAS), l’aide auditive est considérée comme la modalité de référence de la thérapie sonore. Elle vise d’abord à compenser la perte auditive, mais en enrichissant l’environnement sonore, elle peut aussi réduire la perception de l’acouphène et favoriser le processus d’habituation.

Un THI avant, un THI après

Le principe est simple : le questionnaire est rempli avant l’appareillage, puis à nouveau au terme de la période d’essai et au cours du suivi. La recommandation HAS de 2026 prévoit, pour un acouphène invalidant avec surdité associée, une période d’essai allongée à deux mois afin de permettre des réglages progressifs. Le critère principal d’efficacité retenu est une baisse du THI d’au moins 7 points, complétée par une échelle de satisfaction globale. Le médecin prescripteur confirme, ajuste ou interrompt alors la prescription sur la base du rapport de l’audioprothésiste, de la dernière évaluation auditive et du bénéfice ressenti.

Pourquoi 7 points, et pourquoi pas 20 ?

Ces deux chiffres circulent et ne disent pas la même chose :

  • 7 points correspondent à la différence minimale cliniquement pertinente établie par Zeman et al. (2011) à partir de 210 patients de la base internationale du Tinnitus Research Initiative : c’est la baisse à partir de laquelle un patient se décrit, en moyenne, comme « un peu mieux ».
  • 20 points correspondent à l’intervalle de confiance à 95 % mesuré par Newman et al. (1998) lors d’une étude test-retest : chez un individu donné, une variation de 20 points ou plus est nécessaire pour être statistiquement significative.

Deux précisions s’imposent. D’abord, le score THI étant toujours pair, une baisse « d’au moins 7 points » correspond en pratique à une baisse d’au moins 8 points. Ensuite, ce seuil dépend du contexte : une étude multicentrique européenne publiée en 2025 (Engelke et al.) a estimé la différence minimale cliniquement pertinente entre 7,8 et 12 points, avec une estimation ponctuelle de 11 points après douze semaines de traitement, et a montré qu’un score de départ plus élevé exige une baisse plus importante pour être cliniquement pertinente. En pratique, une baisse de 8 à 18 points est donc un signal encourageant, à rapprocher du ressenti du patient et à confirmer au cours du suivi, tandis qu’une baisse de 20 points ou plus traduit un changement net. Cette lecture nuancée évite à la fois de surestimer et de sous-estimer le bénéfice d’un appareillage.

Les réglages que le THI aide à piloter

Le score THI, rapproché du bilan auditif et de l’acouphénométrie, guide les choix techniques réalisés par l’audioprothésiste :

  • le choix entre amplification seule, générateur de bruit seul ou amplification combinée à un générateur de bruit, éventuellement sur plusieurs programmes que le patient sélectionne selon son environnement ;
  • l’adaptation de la bande passante à la fréquence dominante de l’acouphène, en particulier lorsqu’il est aigu ;
  • la prudence des réglages en cas d’hyperacousie associée, pour laquelle la HAS recommande un générateur de bruit avec une adaptation progressive ;
  • le recours, en cas de surdité unilatérale sévère avec acouphène, à des systèmes de routage controlatéral CROS ou BiCROS, avant toute discussion d’implant par l’équipe ORL.

De nombreux appareils récents intègrent un générateur de bruit ou des fonctions dédiées aux acouphènes, à l’image du Signia Insio Charge&Go IX. Le cerveau s’adapte progressivement à ces nouvelles stimulations, comme l’explique notre article sur la manière dont les appareils auditifs s’adaptent au cerveau. D’autres approches, comme la stimulation bimodale proposée par le dispositif Lenire, sont étudiées ; la HAS estime toutefois en 2026 que les données d’efficacité et d’innocuité des méthodes de neuromodulation sont encore insuffisantes pour les recommander dans la prise en charge spécifique des acouphènes. Dans tous les cas, ces technologies complètent, sans le remplacer, le bilan et l’accompagnement personnalisé.

Pour découvrir l’ensemble de notre démarche, consultez notre page consacrée à la prise en charge des acouphènes par l’appareillage et les étapes de l’appareillage auditif.

Ce que montre l’expérience clinique : THI, gêne et pertes auditives cachées

Le THI est utilisé en routine dans les travaux auxquels participe Audition Marc Boulet. Dans une étude rétrospective publiée en 2019 dans Clinical Otolaryngology (Lefeuvre, Chedeau, Boulet et al.), menée en lien avec les services ORL des hôpitaux Bicêtre et Pitié-Salpêtrière, 66 patients présentant un acouphène chronique (depuis plus de six mois), de type sifflement aigu, examinés au préalable par un médecin ORL et jamais traités auparavant, ont rempli le THI et une échelle visuelle analogique.

  • Le score THI moyen était de 51 sur 100, et 75,7 % des patients se situaient au grade III ou au-delà.
  • La gêne et la sonie évaluées sur l’échelle visuelle analogique atteignaient en moyenne 6 sur 10, alors que l’intensité mesurée de l’acouphène n’était que de 4 dB au-dessus du seuil d’audition en moyenne. Une gêne importante peut donc coexister avec un acouphène physiquement très faible.
  • Avec un audiogramme dit « haute définition », d’une précision de 1 dB et de 1 Hz, une perte auditive cachée a été mise en évidence chez 81,8 % des patients, alors que 46 % d’entre eux avaient un audiogramme classique normal.

Ces résultats illustrent pourquoi le THI ne peut pas être interprété isolément : il mesure le vécu, tandis que le bilan auditif détaillé recherche l’atteinte sous-jacente, parfois très localisée, et que certaines zones de la cochlée peuvent même ne plus fonctionner du tout, comme dans les zones mortes cochléaires. Cette publication est accessible sur PubMed : étude sur l’audiogramme haute définition et les acouphènes. Pour aller plus loin sur les situations où l’audiogramme standard est normal, consultez notre page sur l’appareillage des surdités cachées.

Étude Lefeuvre, Boulet et al. 2019 sur les surdités cachées et les acouphènes

Les limites du questionnaire THI

Le THI est l’outil le plus répandu, mais il a des limites qu’il faut connaître pour l’interpréter correctement :

  • Il ne mesure pas l’acouphène lui-même. Dès l’étude originale de 1996, le score THI était faiblement corrélé à la hauteur et à l’intensité perçues de l’acouphène. Sa fréquence, son intensité et sa masquabilité relèvent de l’acouphénométrie.
  • Il ne pose aucun diagnostic. Un score faible n’exclut pas une cause qui doit être explorée par un médecin, et un score élevé ne dit rien de l’origine de l’acouphène.
  • Il dépend du moment. La gêne fluctue avec la fatigue, le stress ou l’environnement sonore, d’où l’intérêt de répéter l’évaluation.
  • La sous-échelle catastrophique est fragile. Dans la validation française de 2010, sa cohérence interne était faible (alpha de 0,49), contre 0,90 pour le score total. Les sous-scores s’interprètent donc avec plus de prudence que le total.
  • Il ne couvre pas tout. D’autres outils complètent le THI : le Tinnitus Functional Index (TFI), plus sensible au changement et davantage utilisé en recherche ; le Tinnitus Reaction Questionnaire (TRQ) et l’échelle HADS pour l’anxiété et la dépression ; l’index de sévérité de l’insomnie (ISI) pour le sommeil ; des questionnaires spécifiques en cas d’hyperacousie.

Il faut aussi distinguer l’acouphène d’autres troubles de la tolérance sonore, comme la misophonie, une intolérance à certains sons spécifiques indépendamment de leur intensité, qui ne se mesure pas avec le THI. Le bilan complet, dans lequel le THI n’est qu’une étape, est détaillé dans notre article sur l’évaluation d’un acouphène : bilan auditif, acouphénométrie et échelles de gêne.

Passer le test THI en ligne : ce qu’il permet et ce qu’il ne permet pas

Audition Marc Boulet propose un test acouphènes en ligne fondé sur le THI. Il permet en quelques minutes d’obtenir une première estimation de votre niveau de gêne et de disposer d’un score de départ à partager avec votre médecin ou votre audioprothésiste.

Ce test est un outil d’orientation à but non médical. Il ne remplace ni la consultation d’un médecin, qui recherche la cause de l’acouphène, ni le bilan auditif, qui recherche une perte d’audition associée. Un score élevé est une bonne raison de consulter ; un score faible n’est pas une raison de renoncer à un avis médical si l’acouphène est récent, unilatéral, pulsatile ou associé à d’autres symptômes.

Quand consulter sans attendre ?

Quel que soit votre score THI, certaines situations nécessitent une consultation médicale rapide, voire en urgence. La recommandation HAS de 2026 les décrit comme des signes de gravité :

  • Baisse brutale de l’audition associée à l’acouphène : consultation médicale en urgence, le jour même. Un traitement doit être débuté sans délai.
  • Signes neurologiques (faiblesse d’un membre, trouble de la parole, déformation du visage, trouble de la vision) : appelez le 15.
  • Acouphène récent avec céphalée brutale, violente et inhabituelle : urgence médicale.
  • Acouphène pulsatile, rythmé comme le pouls, surtout s’il est apparu soudainement ou s’aggrave rapidement : consultation médicale rapide, des examens d’imagerie peuvent être nécessaires.
  • Acouphène apparu après un traumatisme (choc à la tête, blast, plongée) : avis médical rapide.
  • Acouphène d’une seule oreille ou associé à des vertiges, à une audition qui fluctue ou à une perte auditive asymétrique : consultation ORL, une IRM est généralement recommandée.
  • Idées noires ou détresse importante : parlez-en sans attendre à votre médecin ; en cas de pensées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24 h/24.

Le questionnaire THI dans le parcours Audition Marc Boulet

Le diagnostic des acouphènes et la recherche de leur cause relèvent du médecin, généraliste ou ORL. Le rôle des audioprothésistes d’Audition Marc Boulet se situe dans le champ de l’évaluation auditive et de l’appareillage :

  • proposer le questionnaire THI et une échelle de gêne, puis en suivre l’évolution ;
  • réaliser un test auditif à but non médical et une acouphénométrie pour caractériser l’acouphène ;
  • lorsque l’appareillage est prescrit, choisir, adapter et régler l’aide auditive ou le générateur de bruit, puis documenter le bénéfice à la fin de l’essai ;
  • assurer les réglages et le suivi dans la durée, en lien avec le médecin prescripteur et, si besoin, avec une équipe pluriprofessionnelle.

Comprendre son acouphène fait partie intégrante de la prise en charge. Pour approfondir le sujet, vous pouvez écouter un podcast pour comprendre les acouphènes, ou découvrir comment certains environnements sonores apaisants peuvent accompagner l’enrichissement sonore dans notre article sur la musique relaxante et l’audition.

Évaluez votre gêne en quelques minutes : faire le test acouphènes en ligne, puis faire le test auditif en ligne.

Faites le point avec un audioprothésiste : trouvez un centre Audition Marc Boulet près de chez vous pour un bilan acouphènes et un dépistage auditif, ou préparez votre visite avec notre guide du premier rendez-vous avec un audioprothésiste.

À retenir

  • Le THI comporte 25 questions et donne un score de 0 à 100, classé en cinq grades.
  • Il mesure la gêne liée à l’acouphène, pas sa cause ni son intensité sonore.
  • Une version française validée existe, et la HAS le juge indispensable en première intention.
  • Les seuils de 36, 38-56 et 58 orientent la prise en charge recommandée par la HAS.
  • En appareillage, une baisse d’au moins 7 points est le critère principal de bénéfice.
  • Le test en ligne oriente mais ne remplace ni l’avis médical ni le bilan auditif.

Sources

  • Newman CW, Jacobson GP, Spitzer JB. Development of the Tinnitus Handicap Inventory. Arch Otolaryngol Head Neck Surg. 1996;122(2):143-148. PMID 8630207. doi:10.1001/archotol.1996.01890140029007
  • Newman CW, Sandridge SA, Jacobson GP. Psychometric adequacy of the Tinnitus Handicap Inventory (THI) for evaluating treatment outcome. J Am Acad Audiol. 1998;9(2):153-160. PMID 9564679. PubMed
  • McCombe A, Baguley D, Coles R, McKenna L, McKinney C, Windle-Taylor P. Guidelines for the grading of tinnitus severity: the results of a working group commissioned by the British Association of Otolaryngologists, Head and Neck Surgeons, 1999. Clin Otolaryngol Allied Sci. 2001;26(5):388-393. PMID 11678946. doi:10.1046/j.1365-2273.2001.00490.x
  • Ghulyan-Bédikian V, Paolino M, Giorgetti-D’Esclercs F, Paolino F. Propriétés psychométriques d’une version française du Tinnitus Handicap Inventory. Encéphale. 2010;36(5):390-396. PMID 21035629. doi:10.1016/j.encep.2009.12.007
  • Zeman F, Koller M, Figueiredo R, et al. Tinnitus handicap inventory for evaluating treatment effects: which changes are clinically relevant? Otolaryngol Head Neck Surg. 2011;145(2):282-287. PMID 21493265. doi:10.1177/0194599811403882
  • Engelke M, Basso L, Langguth B, et al. Estimation of minimal clinically important difference for Tinnitus Handicap Inventory and Tinnitus Functional Index. Otolaryngol Head Neck Surg. 2025;173(1):69-79. PMID 40111205. doi:10.1002/ohn.1217
  • Meikle MB, Henry JA, Griest SE, et al. The tinnitus functional index: development of a new clinical measure for chronic, intrusive tinnitus. Ear Hear. 2012;33(2):153-176. PMID 22156949. doi:10.1097/AUD.0b013e31822f67c0
  • Lefeuvre J, Chedeau J, Boulet M, Fain G, Papon JF, Nguyen Y, Nevoux J. Hidden hearing loss and tinnitus: utility of the high-definition audiograms in diagnosis. Clin Otolaryngol. 2019;44(6):1170-1175. PMID 31535428. doi:10.1111/coa.13435
  • Haute Autorité de santé. Acouphènes invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge. Recommandation de bonne pratique validée par le Collège le 18 juin 2026, publiée en juillet 2026. Document HAS (PDF)

Rédaction et mise à jour

Rédaction : Marc Boulet, audioprothésiste diplômé d’État, Audition Marc Boulet.

Dernière mise à jour : 02/10/2026.

Questions fréquentes sur le questionnaire THI

Le caractère invalidant dépend avant tout du retentissement de l'acouphène sur la qualité de vie et la santé : sommeil, concentration, activités quotidiennes ou détresse psychologique. Un score THI supérieur à 50 est un repère utilisé dans certains documents de la HAS, mais il ne constitue pas une frontière absolue. Le médecin interprète le résultat avec les difficultés que vous décrivez : il n'est pas nécessaire d'atteindre ce seuil pour demander une prise en charge.

Le THI comporte 25 questions fermées, auxquelles on répond par « Oui », « Parfois » ou « Non ». Il se remplit généralement en quelques minutes et le calcul du score est immédiat. Il a été conçu dès l'origine pour être utilisable en consultation sans allonger excessivement le rendez-vous.

Une baisse de 10 points est encourageante, surtout si vous constatez aussi une amélioration du sommeil, de la concentration ou du confort quotidien. Elle dépasse le seuil de 7 points retenu par la HAS pour évaluer un essai d'aide auditive ; le score étant toujours pair, ce seuil correspond en pratique à une baisse d'au moins 8 points. Ce repère dépend toutefois du contexte : il tend à être plus élevé lorsque la gêne de départ est importante, et il ne garantit pas, à lui seul, un bénéfice durable. Passer par exemple de 54 à 44 traduit une diminution du score même si vous restez dans le même grade. Une baisse de 20 points ou plus correspond à un changement net ; dans tous les cas, l'évolution se confirme au cours du suivi.

Le THI est rempli lors du bilan initial, puis à chaque étape importante : à la fin de la période d'essai d'un appareillage, que la HAS recommande de prolonger à deux mois en cas d'acouphène invalidant avec surdité associée, puis lors des contrôles de suivi. La HAS recommande de réévaluer régulièrement les scores, car la gêne fluctue. Le déroulement de ces étapes est présenté dans notre page sur les étapes de l'appareillage.

Non. Le THI mesure la gêne, pas la cause. Un acouphène récent, d'une seule oreille, pulsatile, apparu après un traumatisme ou associé à une baisse d'audition doit être vu par un médecin, quel que soit le score. Une baisse brutale de l'audition est une urgence.

Le THI a été conçu et validé chez l'adulte, et la recommandation HAS de 2026 concerne elle aussi les adultes. Chez l'enfant, l'évaluation d'un acouphène repose avant tout sur l'avis du pédiatre ou de l'ORL et sur des outils adaptés à l'âge. Si une perte auditive est mise en évidence, notre page sur l'appareillage de l'enfant présente l'accompagnement possible.

Le THI ne conditionne pas à lui seul le remboursement : celui-ci dépend d'une prescription médicale et des conditions fixées par la réglementation de 2018. La HAS recommande, lorsque le THI atteint 58 ou plus et qu'une surdité est objectivée, de discuter un essai d'aide auditive même si la perte ne répond pas aux critères habituels. Une recommandation d'essai ne crée pas, à elle seule, un droit au remboursement lorsque les critères réglementaires ne sont pas remplis. Les règles actuelles sont détaillées sur notre page prise en charge et remboursements.