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Un vertige lié à l’oreille interne est une fausse sensation de mouvement, le plus souvent de rotation, provoquée par un dysfonctionnement du vestibule, l’organe de l’équilibre situé dans l’oreille interne. Les causes les plus fréquentes sont le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB), la névrite vestibulaire et la maladie de Ménière. D’autres atteintes, plus rares, peuvent aussi être en cause : labyrinthite, fistule périlymphatique, atteinte toxique de l’oreille interne ou migraine vestibulaire.

Trois éléments orientent vers la cause : la durée du vertige, ce qui le déclenche, et la présence ou non de signes auditifs, baisse d’audition, acouphènes ou oreille pleine. Chez Audition Marc Boulet, nous présentons ici les principales maladies de l’oreille interne qui donnent des vertiges, les signes qui imposent une consultation urgente et le rôle de l’audition dans le diagnostic.

Quelle maladie de l’oreille interne peut expliquer votre vertige ?

Ce tableau donne des repères d’orientation. Seul l’examen médical permet d’établir le diagnostic.

Durée et déclenchement Signes auditifs Cause possible
Quelques secondes, à chaque changement de position de la tête Aucun VPPB, lié au déplacement des cristaux
20 minutes à 12 heures, par crises répétées Baisse d’audition fluctuante, acouphènes, oreille pleine, d’un côté Maladie de Ménière
Continu pendant plusieurs jours, d’apparition brutale Aucun Névrite vestibulaire
Continu pendant plusieurs jours, d’apparition brutale Baisse d’audition d’un côté Labyrinthite ou surdité brusque avec vertige
Après un traumatisme, un effort violent, un éternuement ou un changement de pression Parfois baisse d’audition, acouphènes Fistule périlymphatique
Déséquilibre progressif, vision qui « saute » en marchant Parfois baisse d’audition des deux côtés Atteinte toxique ou bilatérale de l’oreille interne
Crises de 5 minutes à 72 heures chez une personne migraineuse Généralement aucun Migraine vestibulaire

Un vertige accompagné de vision double, de troubles de la parole, d’une faiblesse d’un côté du corps, d’une céphalée brutale ou d’une impossibilité de tenir debout peut révéler une cause neurologique urgente : appelez le 15.

Vertige, malaise ou déséquilibre : de quoi parle-t-on ?

Le mot « vertige » est souvent employé pour des sensations différentes, qui n’ont pas les mêmes causes :

  • le vertige est une illusion de mouvement : la pièce tourne, ou l’on a l’impression de tourner ou de tanguer ;
  • le malaise est une impression d’évanouissement imminent, souvent d’origine cardiaque, tensionnelle ou métabolique ;
  • le déséquilibre est une difficulté à rester stable en marchant ou debout, sans illusion de mouvement.

Une illusion de mouvement oriente notamment vers une atteinte vestibulaire, mais les maladies de l’oreille interne peuvent aussi provoquer une instabilité ou une sensation de tangage. Le contexte clinique permet de distinguer ces symptômes d’un malaise cardiovasculaire, métabolique ou neurologique. L’oreille interne associe la cochlée, qui assure l’audition, et le vestibule, qui renseigne le cerveau sur les rotations de la tête grâce aux canaux semi-circulaires et sur sa position grâce aux cristaux d’oreille de l’utricule et du saccule. Leur fonctionnement est détaillé sur notre page fonctionnement de l’oreille. Chez l’enfant, l’équilibre obéit à un développement particulier, présenté dans notre article sur l’équilibre de l’enfant.

Le VPPB, la cause la plus fréquente

Le vertige paroxystique positionnel bénin est dû au déplacement de cristaux de l’oreille interne dans un canal semi-circulaire. Il provoque des vertiges rotatoires très brefs, de quelques secondes à une minute, déclenchés par un mouvement précis de la tête : se coucher, se retourner dans le lit, lever la tête. Il ne s’accompagne ni de baisse d’audition ni de signe neurologique.

Son diagnostic repose sur une manœuvre d’examen, et son traitement sur une manœuvre de repositionnement réalisée par un médecin ou un masseur-kinésithérapeute formé. Les symptômes, le diagnostic et les manœuvres sont détaillés sur notre page consacrée au VPPB, et le rôle des cristaux dans notre article à quoi servent les cristaux d’oreille.

La névrite vestibulaire

La névrite vestibulaire est une atteinte brutale d’un seul nerf vestibulaire. Elle provoque un vertige intense et continu, qui dure au moins 24 heures, avec nausées, vomissements et difficulté à tenir debout. Il n’y a ni baisse d’audition ni acouphène, ce qui la distingue de la labyrinthite. Une origine virale est souvent évoquée, sans être démontrée dans chaque cas.

Le diagnostic repose sur l’examen des mouvements des yeux et exige d’écarter une cause neurologique, en particulier un accident vasculaire cérébral, qui peut donner un tableau voisin. Le vertige s’atténue en quelques jours, mais une instabilité peut persister plusieurs semaines. La récupération repose sur la compensation par le cerveau, favorisée par une reprise précoce des mouvements et par la rééducation vestibulaire. Tout savoir sur la névrite vestibulaire.

La maladie de Ménière

La maladie de Ménière associe, du même côté, des crises de vertige de 20 minutes à 12 heures, une baisse d’audition touchant d’abord les sons graves, des acouphènes et une sensation d’oreille pleine. Ces symptômes auditifs fluctuent d’une crise à l’autre, puis la perte d’audition peut s’installer durablement. Le mécanisme associé est un excès de liquide dans l’oreille interne, appelé hydrops endolymphatique.

Le diagnostic repose sur des critères cliniques internationaux et sur une audiométrie qui documente la perte auditive. La prise en charge relève du médecin ORL. C’est l’une des causes de vertige où l’audition occupe une place centrale, développée dans notre article sur la maladie de Ménière.

Les causes moins fréquentes

La labyrinthite est une inflammation de l’ensemble de l’oreille interne, vestibule et cochlée. Elle associe un vertige brutal et prolongé à une baisse d’audition du même côté, parfois avec acouphènes. Elle peut survenir dans un contexte infectieux, notamment viral, ou plus rarement compliquer une infection bactérienne de l’oreille moyenne. La présence de la perte auditive impose une consultation ORL rapide, car une surdité brusque associée à un vertige relève d’une prise en charge urgente.

Une fistule périlymphatique est une communication anormale entre l’oreille interne et l’oreille moyenne, par laquelle s’échappe le liquide de l’oreille interne. Elle survient après un traumatisme crânien ou de l’oreille, un barotraumatisme en plongée ou en avion, un effort de poussée violent ou une chirurgie de l’oreille. Elle se traduit par des vertiges ou un déséquilibre, parfois déclenchés par les efforts ou les bruits forts, avec une baisse d’audition ou des acouphènes possibles. Son diagnostic est difficile et relève du spécialiste.

Certains médicaments peuvent altérer l’oreille interne, notamment les antibiotiques de la famille des aminosides et certaines chimiothérapies. L’atteinte touche souvent les deux oreilles : plutôt qu’un vertige rotatoire, elle provoque un déséquilibre, surtout dans l’obscurité, et une impression que la vision « saute » en marchant. Une baisse d’audition peut s’y associer. Il ne faut jamais interrompre un traitement de soi-même : c’est au médecin prescripteur d’évaluer la situation.

La migraine vestibulaire provoque des crises de vertige de 5 minutes à 72 heures chez une personne qui a des antécédents de migraine, avec parfois céphalées, gêne à la lumière ou au bruit pendant la crise. C’est une cause fréquente de vertiges récidivants, souvent méconnue. Le diagnostic repose sur des critères internationaux et suppose d’avoir écarté les autres causes.

Comment le médecin identifie la cause

Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire, durée, déclenchement, signes associés, et sur l’examen clinique, en particulier l’observation des mouvements involontaires des yeux, le nystagmus. Selon le contexte, le médecin ORL peut compléter par :

  • des manœuvres de positionnement, comme celle de Dix-Hallpike, pour rechercher un VPPB ;
  • une vidéonystagmographie (VNG), qui enregistre précisément les mouvements des yeux ; selon les épreuves associées, notamment caloriques, elle permet de comparer la fonction vestibulaire des deux oreilles ;
  • un test vidéo d’impulsion de la tête (vHIT, Video Head Impulse Test), qui mesure le réflexe d’équilibre de chaque canal semi-circulaire ;
  • une audiométrie tonale et vocale, indispensable dès qu’un symptôme auditif existe, et si besoin une tympanométrie ;
  • une IRM, lorsqu’il faut rechercher une cause neurologique, une cause rétrocochléaire ou une atteinte du nerf vestibulocochléaire.

L’évaluation de l’audition fait partie intégrante de l’exploration d’un vertige : une perte auditive associée oriente vers une maladie de Ménière, une labyrinthite, une fistule périlymphatique ou une autre atteinte cochléovestibulaire, et rend moins probable un VPPB ou une névrite vestibulaire typiques.

Quels traitements selon la cause ?

Le traitement dépend entièrement de la cause, et sa décision appartient au médecin :

  • VPPB : manœuvre de repositionnement, sans médicament de fond ;
  • névrite vestibulaire : traitement des symptômes en phase aiguë, puis reprise rapide des mouvements et rééducation vestibulaire ;
  • maladie de Ménière : prise en charge spécifique par le médecin ORL, visant à espacer les crises et à préserver l’audition ;
  • labyrinthite, fistule, atteinte toxique : prise en charge spécialisée selon la cause.

Les médicaments contre le vertige soulagent la phase aiguë mais ne traitent pas la cause. Utilisés au-delà de la phase aiguë sans nécessité, certains d’entre eux peuvent ralentir la compensation par le cerveau, et leurs effets sédatifs peuvent majorer le risque de chute, en particulier chez la personne âgée. Les données sur la bétahistine dans le VPPB sont analysées dans notre article bétahistine et VPPB.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Attendre devant des signes neurologiques : vision double, trouble de la parole, faiblesse d’un côté imposent le 15.
  • Négliger une baisse d’audition brutale associée au vertige : elle relève d’une consultation ORL urgente.
  • Rester allongé plusieurs jours après la phase aiguë : l’immobilité retarde la récupération de l’équilibre.
  • Prendre des antivertigineux au long cours sans réévaluation médicale.
  • Faire une manœuvre trouvée sur internet sans diagnostic.
  • Conduire pendant une période de vertiges.

Quand consulter ?

Appelez le 15 si le vertige s’accompagne de vision double, de difficultés à parler ou à avaler, d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un côté du corps, d’une céphalée brutale et intense, d’une impossibilité de tenir debout, ou s’il survient chez une personne à haut risque vasculaire sans cause évidente.

Consultez en urgence un médecin ORL si le vertige s’accompagne d’une baisse d’audition brutale, ou s’il survient après un traumatisme crânien ou un barotraumatisme.

Consultez rapidement si le vertige est continu depuis plusieurs heures, s’il se répète, s’il s’accompagne d’acouphènes ou d’oreille pleine, ou s’il a provoqué une chute.

Consultez sans urgence votre médecin pour des vertiges brefs et positionnels, typiques d’un VPPB.

Vertiges et audition : le rôle de l’audioprothésiste

L’audioprothésiste ne traite pas le vertige. Son rôle commence lorsque l’audition est en cause, ce qui est fréquent dans les maladies de l’oreille interne. Après une maladie de Ménière, une labyrinthite ou une surdité brusque, une perte auditive peut persister durablement d’un côté, avec des acouphènes. Un dépistage auditif permet alors de la mesurer et d’en suivre l’évolution, en lien avec le médecin ORL.

Dans la maladie de Ménière, l’audition varie d’une période à l’autre. L’appareillage, lorsqu’il est indiqué par le médecin, doit tenir compte de la fluctuation des seuils auditifs et de la dynamique résiduelle : les réglages peuvent nécessiter des réévaluations plus fréquentes et, dans certains cas, plusieurs programmes adaptés aux différentes périodes auditives. Les acouphènes associés peuvent bénéficier d’une prise en charge des acouphènes intégrée aux aides auditives.

Lorsqu’une maladie de l’oreille interne a laissé une oreille très faible ou sourde, un appareil classique de ce côté n’apporte souvent pas de bénéfice suffisant. Les systèmes CROS captent les sons du côté atteint et les transmettent à la bonne oreille ; le BiCROS fait de même lorsque la meilleure oreille a elle aussi besoin d’être appareillée. Selon l’indication posée par l’ORL, une solution en conduction osseuse, non chirurgicale ou implantable, peut aussi être discutée. Ces options sont détaillées sur notre page consacrée à l’appareillage des cophoses unilatérales.

Pour les pertes très asymétriques où l’oreille la plus atteinte garde une audition résiduelle, nous avons évalué, avec l’équipe ORL de l’hôpital Rothschild, un système associant un CROS ou un BiCROS à un appareil intra-auriculaire dans l’oreille la plus faible. Chez 20 patients déjà équipés d’un CROS ou d’un BiCROS depuis au moins trois ans, cette association a amélioré la compréhension de la parole dans le bruit, et la gêne liée aux acouphènes a diminué chez les huit patients qui en souffraient. La localisation des sons n’a pas été significativement améliorée.

La perte auditive est par ailleurs associée à un risque accru de chute. Une méta-analyse de 2025 portant sur plus de cinq millions de participants confirme cette association, et une analyse secondaire de l’essai ACHIEVE a observé moins de chutes chez les adultes de 70 à 84 ans ayant bénéficié d’une intervention audiologique. Ces données ne concernent pas directement les maladies vestibulaires, mais renforcent l’intérêt d’évaluer et de corriger une perte auditive, notamment une presbyacousie, chez une personne qui présente aussi des troubles de l’équilibre. Chez ces patients, le choix des aides auditives tient compte de la dextérité et de la sécurité lors de la mise en place et du retrait.

Si votre vertige s’accompagne d’une gêne auditive ou d’acouphènes, ou si votre audition n’a pas été évaluée récemment, nos audioprothésistes diplômés d’État réalisent un dépistage auditif sans engagement et vous orientent vers un médecin ORL lorsque la situation le justifie. Le déroulement est présenté sur notre page premier rendez-vous avec un audioprothésiste.

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À retenir

  • Les trois causes les plus fréquentes de vertige lié à l’oreille interne sont le VPPB, la névrite vestibulaire et la maladie de Ménière.
  • La durée du vertige, ce qui le déclenche et la présence de signes auditifs orientent vers la cause.
  • Un vertige avec vision double, trouble de la parole ou faiblesse d’un côté impose d’appeler le 15.
  • Une baisse d’audition brutale associée à un vertige relève d’une consultation ORL urgente.
  • Les antivertigineux soulagent la crise mais ne traitent pas la cause.
  • Lorsqu’une perte auditive persiste, un appareillage adapté, dont les systèmes CROS ou BiCROS, peut être proposé sur prescription médicale.

Sources

  • Bhattacharyya N, Gubbels SP, Schwartz SR, et al. Clinical Practice Guideline: Benign Paroxysmal Positional Vertigo (Update). Otolaryngology–Head and Neck Surgery 2017;156(3_suppl):S1-S47. doi:10.1177/0194599816689667
  • Strupp M, Bisdorff A, Furman J, et al. Acute unilateral vestibulopathy/vestibular neuritis: Diagnostic criteria. Journal of Vestibular Research 2022;32(5):389-406. doi:10.3233/VES-220201
  • Lopez-Escamez JA, Carey J, Chung WH, et al. Diagnostic criteria for Menière’s disease. Journal of Vestibular Research 2015;25(1):1-7. doi:10.3233/VES-150549
  • Lempert T, Olesen J, Furman J, et al. Vestibular migraine: Diagnostic criteria. Journal of Vestibular Research 2022;32(1):1-6. doi:10.3233/VES-201644
  • Lefeuvre J, Gargula S, Boulet M, Potier M, Ayache D, Daval M. Active TriCROS: A Simultaneous Stimulation With a (Bi)CROS System and a Hearing Aid in the Worst Ear for Severely Asymmetrical Hearing Loss. Otology & Neurotology 2024;45(5):482-488. doi:10.1097/MAO.0000000000004173
  • Yeo BSY, Tan VYJ, Ng JH, et al. Hearing loss and falls: a systematic review and meta-analysis. JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery 2025;151(5):485-494. doi:10.1001/jamaoto.2025.0056
  • Goman AM, Tan N, Pike JR, et al. Effects of hearing intervention on falls in older adults: findings from a secondary analysis of the ACHIEVE randomised controlled trial. The Lancet Public Health 2025;10(6):e492-e502. doi:10.1016/S2468-2667(25)00088-X

Rédaction et mise à jour

Rédaction : Marc Boulet, audioprothésiste diplômé d’État, Audition Marc Boulet.

Dernière mise à jour : 27 septembre 2026.

Questions fréquentes sur les vertiges liés à l’oreille interne

Aucun signe ne suffit à lui seul. Un vertige d’origine vestibulaire est une illusion de mouvement, rotatoire ou non, souvent accompagnée de nausées et aggravée par les mouvements de tête. Des signes auditifs associés, notamment une baisse d’audition, des acouphènes ou une sensation d’oreille pleine du même côté, orientent vers certaines atteintes cochléovestibulaires. Des troubles de la parole, une vision double ou une faiblesse d’un côté orientent au contraire vers une cause neurologique et imposent d’appeler le 15. Mais leur absence ne suffit pas à écarter une cause centrale : c’est l’examen médical, en particulier celui des mouvements des yeux, qui permet de conclure.

Cela dépend de la cause. Un VPPB donne des vertiges de quelques secondes, déclenchés par les mouvements de tête. Une crise de maladie de Ménière dure de 20 minutes à 12 heures. Une crise de migraine vestibulaire dure de 5 minutes à 72 heures. Une névrite vestibulaire provoque un vertige continu pendant au moins 24 heures, qui s’atténue en quelques jours, avec une instabilité pouvant persister plusieurs semaines. Un vertige qui ne ressemble à aucun de ces schémas doit être évalué.

Oui. Les nausées, et parfois les vomissements, accompagnent très souvent les vertiges d’origine vestibulaire, car les informations provenant du vestibule ne concordent plus avec celles de la vision et de la proprioception. Elles sont particulièrement marquées dans la névrite vestibulaire et lors des crises de maladie de Ménière. Des vomissements incoercibles, ou des nausées avec des signes neurologiques, justifient une consultation en urgence.

Oui. Une sensation d’oreille pleine peut accompagner certaines maladies de l’oreille interne, notamment la maladie de Ménière, surtout lorsqu’elle s’associe à une baisse d’audition fluctuante et à des acouphènes. Mais une oreille bouchée est beaucoup plus souvent liée à l’oreille externe ou moyenne : bouchon de cérumen, otite séreuse ou trompe d’Eustache bouchée. L’examen ORL et l’audiométrie permettent de faire la différence.

Certaines maladies de l’oreille interne touchent à la fois l’équilibre et l’audition : la maladie de Ménière, la labyrinthite, la fistule périlymphatique ou une surdité brusque associée à un vertige. D’autres, comme le VPPB ou la névrite vestibulaire, ne modifient pas l’audition. Une baisse d’audition brutale avec un vertige relève d’une consultation ORL urgente. Nos repères sur les troubles de l’audition vous aident à situer votre situation.

Oui. La cochlée, qui assure l’audition, fait partie de l’oreille interne : une atteinte cochléaire peut provoquer une baisse d’audition ou des acouphènes sans aucun vertige. À l’inverse, certaines atteintes vestibulaires comme le VPPB ou la névrite vestibulaire provoquent des vertiges sans perte auditive. La nature des symptômes aide donc à orienter vers une atteinte cochléaire, vestibulaire ou cochléovestibulaire, mais le diagnostic repose sur l’examen médical et les explorations adaptées.

Le stress n’est pas une cause directe démontrée des principales maladies vestibulaires, comme le VPPB ou la névrite vestibulaire. Il est en revanche souvent évoqué par les patients comme facteur déclenchant de certaines crises, notamment dans la maladie de Ménière et la migraine vestibulaire. Par ailleurs, l’anxiété est une conséquence fréquente des vertiges et peut entretenir une instabilité persistante. Un vertige ne doit jamais être attribué au stress sans examen préalable.

Le médecin commence par l’interrogatoire et l’examen des mouvements des yeux. Selon le cas, il peut réaliser une manœuvre de Dix-Hallpike à la recherche d’un VPPB, et prescrire une vidéonystagmographie (VNG), un test vidéo d’impulsion de la tête (vHIT) et une audiométrie tonale et vocale. Une IRM est demandée lorsqu’il faut rechercher une cause neurologique ou rétrocochléaire. L’évaluation de l’audition est indispensable dès qu’un signe auditif accompagne le vertige.

Pour un vertige, c’est le médecin : le généraliste en premier recours, puis l’ORL, ou les urgences en présence de signes neurologiques. L’audioprothésiste ne traite pas le vertige. Il intervient lorsque l’audition est touchée : il réalise le dépistage auditif puis, sur prescription médicale, adapte une solution auditive et en assure le suivi. Les étapes de l’appareillage sont décrites sur notre page dédiée.