« * » indique les champs nécessaires
Du 5 au 11 octobre 2026, la fédération SurdiFrance et ses associations membres organisent la première édition de la Semaine nationale de l’accessibilité auditive (SNAA). Son message tient en une idée : boucle à induction magnétique, transcription écrite, sous-titrage ou Auracast existent déjà, mais ils n’aident réellement les personnes sourdes et malentendantes que s’ils sont installés, signalés, entretenus et maîtrisés par le personnel. Pour les personnes appareillées, l’enjeu est concret : savoir si leurs appareils auditifs peuvent capter ces dispositifs, et comment les activer.
La SNAA se déroule du lundi 5 au dimanche 11 octobre 2026. Elle est portée par SurdiFrance, fédération d’associations de personnes sourdes et malentendantes, anciennement Bucodes, qui regroupe 25 associations et revendique 3 500 membres. Son président, Yann Griset, avait annoncé dès le printemps le lancement de cette nouvelle manifestation, distincte de la Journée nationale de l’audition organisée chaque année en mars.
| Élément | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Dates | Du 5 au 11 octobre 2026 |
| Organisateur | SurdiFrance et les associations de son réseau, chacune sur son territoire |
| Actions prévues | Sensibilisations, démonstrations de dispositifs, rencontres avec les collectivités, vérifications d’équipements déjà installés |
| Publics visés | Collectivités, services publics, établissements recevant du public, lieux culturels, entreprises, commerces et toute personne concernée par la perte auditive |
| Fil rouge | Fénix, la mascotte de la SNAA, partie pendant l’été à la rencontre de lieux accessibles pour valoriser ce qui fonctionne |
Le programme varie d’un département à l’autre, puisque chaque association construit ses propres actions. Pour savoir ce qui est prévu près de chez vous, le plus simple est de contacter SurdiFrance ou l’association de votre territoire. Les autres rendez-vous de l’audition que nous relayons sont regroupés dans notre rubrique événements.
Les appareils auditifs actuels améliorent la compréhension de la parole chez la plupart des personnes appareillées. Ils ne suppriment pas pour autant toutes les difficultés. Trois facteurs physiques dégradent l’écoute, quelle que soit la qualité de l’appareillage :
Ces trois facteurs réduisent le rapport signal/bruit, c’est-à-dire l’écart entre la voix utile et tout le reste. Chez une personne malentendante, ce rapport conditionne largement la compréhension : une perte auditive neurosensorielle réduit non seulement la perception des sons faibles, mais aussi la capacité à séparer une voix du bruit qui l’entoure. Monter le volume d’une sonorisation ne règle donc pas le problème, car la voix amplifiée reste mélangée au bruit et à l’écho de la salle.
Un système d’accessibilité fonctionne autrement : il transmet la voix captée au micro de l’orateur directement à l’aide auditive ou à l’implant, sans passer par l’acoustique de la salle. Une étude menée auprès de 12 adultes âgés appareillés a ainsi observé une meilleure perception de la parole avec la bobine téléphonique et la boucle magnétique qu’avec les microphones de l’appareil, au calme comme dans le bruit, avec un effort d’écoute ressenti plus faible (Alfakir et al., 2015). L’échantillon reste réduit, mais le mécanisme est cohérent : supprimer la distance et le bruit améliore le rapport signal/bruit.
Pour SurdiFrance, les limites de l’appareillage justifient de développer aussi les solutions écrites. Son président estime qu’environ 30 % des personnes déficientes auditives auraient besoin de passer par l’écrit pour comprendre ce qui leur est dit. Ce chiffre est une estimation associative, non issue d’une étude publiée, mais il traduit une réalité observée en consultation : dans les pertes auditives sévères à profondes, la transcription reste souvent indispensable.
Certaines personnes rencontrent de vraies difficultés à suivre une conversation dans le bruit alors que leur audiogramme tonal, réalisé au calme, est normal ou presque. On parle alors de perte auditive cachée. Des travaux menés avec le service ORL de l’hôpital Bicêtre (AP-HP), auxquels ont participé des audioprothésistes d’Audition Marc Boulet, ont montré l’intérêt des audiogrammes en haute définition pour mettre en évidence ces atteintes chez des patients souffrant d’acouphènes (Lefeuvre et al., 2019).
Dans une étude prospective portant sur 40 patients gênés dans le bruit malgré une audition normale ou une perte légère au calme, dont 12 présentant une perte auditive cachée, des aides auditives ouvertes ont amélioré significativement l’intelligibilité dans le bruit mesurée au test FraMatrix, ainsi que la qualité de vie, avec un gain plus marqué chez les patients présentant une perte auditive cachée (Boulet et al., 2025). Ces résultats, obtenus sur un effectif limité, montrent surtout qu’une gêne dans le bruit mérite une évaluation spécifique. Elle se mesure par une audiométrie vocale dans le bruit, que nous réalisons lors du bilan auditif, et non par le seul audiogramme au calme. Notre page consacrée à l’appareillage des surdités cachées et des neuropathies auditives détaille cette prise en charge.
La boucle à induction magnétique est un câble installé autour d’une salle ou intégré à un comptoir d’accueil. Elle convertit le signal du micro de l’orateur en champ magnétique, capté par les aides auditives et de nombreux processeurs d’implants cochléaires équipés d’une bobine téléphonique, activée par un programme appelé « position T ». La voix arrive alors dans l’appareil comme si l’auditeur se trouvait à côté de l’orateur, sans le bruit de la salle.
Les lieux équipés le signalent par un pictogramme représentant une oreille, accompagné de la lettre T. On en trouve dans des théâtres, cinémas, mairies, guichets ou lieux de culte. Le bénéfice porte d’abord sur la parole : une étude réalisée lors d’un concert symphonique n’a pas montré d’amélioration de la qualité sonore perçue avec le flux de la boucle, ce qui rappelle que l’intérêt dépend du contexte d’écoute et du réglage de la source (McWeeny et al., 2025).
La transcription simultanée restitue à l’écrit, en temps réel, les propos tenus lors d’une réunion, d’une conférence ou d’un échange au guichet. Le sous-titrage joue le même rôle pour les vidéos, les émissions et certains spectacles. Ces solutions ne dépendent pas de l’appareil auditif : elles conviennent aussi aux personnes non appareillées et restent précieuses lorsque la compréhension demeure difficile malgré un appareillage bien réglé.
Auracast repose sur la norme Bluetooth LE Audio. Une source, par exemple la sonorisation d’une salle, un écran d’information en gare ou un téléviseur, diffuse un flux audio auquel tous les récepteurs compatibles situés à portée peuvent se connecter, dont certaines aides auditives récentes. Nous avons présenté ses usages dans les lieux publics dans notre article consacré à Auracast et l’accessibilité auditive.
Les perspectives sont importantes, mais le déploiement commence à peine : peu de lieux publics sont équipés en France, et toutes les aides auditives ne sont pas compatibles. Auracast ne rend donc pas la boucle magnétique obsolète à court terme. Les deux technologies vont coexister plusieurs années, et certains fabricants proposent déjà des systèmes hybrides combinant les deux.
En dehors des équipements installés dans les lieux publics, un micro HF pour malentendant ou un microphone déporté posé près de l’interlocuteur produit un effet comparable à l’échelle d’une réunion, d’un repas ou d’une salle de classe. Ces accessoires sont choisis et appairés avec l’appareil par l’audioprothésiste.
| Solution | Principe | Ce qu’il faut côté patient | Lieux typiques |
|---|---|---|---|
| Boucle à induction magnétique | Champ magnétique capté par la bobine téléphonique | Aide auditive ou processeur d’implant avec bobine T et programme T activé | Guichets, mairies, théâtres, cinémas, lieux de culte |
| Auracast | Diffusion audio Bluetooth LE Audio vers tous les récepteurs compatibles | Aide auditive compatible Auracast, ou récepteur compatible | Encore rares : salles de conférence, quelques lieux culturels et de transport |
| Transcription simultanée | Retranscription écrite des propos en temps réel | Aucun équipement auditif requis | Réunions, conférences, accueil des services publics |
| Sous-titrage | Texte synchronisé avec une vidéo ou un spectacle | Aucun équipement auditif requis | Télévision, cinéma, vidéos, certains spectacles |
| Micro déporté ou micro HF | Micro placé près de l’orateur, transmis à l’appareil | Accessoire compatible avec l’aide auditive | Réunions, repas, salles de classe |
C’est la question que nos patients posent le plus souvent. En pratique, trois vérifications suffisent.
Les personnes porteuses d’un implant cochléaire ou d’un implant auditif à conduction osseuse doivent vérifier ces points avec leur centre d’implantation ou leur audioprothésiste : les options de connectivité varient selon le processeur.
Chez Audition Marc Boulet, ces vérifications font partie du bilan d’appareillage. Nous ne mesurons pas seulement votre audition au calme, dans la cabine : nous partons des situations où vous rencontrez des difficultés, comme le théâtre, les réunions, l’église ou les guichets, pour choisir l’appareil, paramétrer les programmes et proposer, si besoin, un accessoire adapté. Ces étapes sont détaillées dans notre page sur les étapes de l’appareillage et dans notre guide pour choisir son aide auditive.
C’est le cœur du message de cette première édition : la présence d’une technologie ne garantit pas, à elle seule, l’accessibilité d’un lieu. Une boucle magnétique en panne, non signalée ou que le personnel d’accueil ne sait pas mettre en marche n’apporte aucune aide. Pour être utile, un dispositif doit être :
Yann Griset, lui-même porteur d’un implant cochléaire, défend une ambition simple : que l’accessibilité auditive devienne un réflexe, pensée dès la conception d’un lieu, d’un service ou d’un événement, plutôt qu’ajoutée après coup. Rendre un lieu accessible ne consiste pas seulement à permettre d’y entrer, mais à permettre d’y comprendre la parole et de participer aux échanges.
La SNAA s’ouvre quelques jours après une échéance réglementaire importante, souvent confondue avec un texte plus récent.
| Situation | Obligation | Date d’application | Texte |
|---|---|---|---|
| Accueil téléphonique des services publics | Traduction simultanée écrite et visuelle sur la totalité des horaires d’ouverture, contre 50 % au minimum auparavant | 1er octobre 2026 | Loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique et décret n° 2017-875 du 9 mai 2017 |
| Services clients des grandes entreprises concernées | Même obligation, sur la totalité des horaires du service client | 1er octobre 2026 | Décret n° 2017-875 du 9 mai 2017 |
| Accueil physique et par visioconférence des services publics | Dispositif adapté à la demande de la personne : transcription écrite instantanée, interprète en langue des signes française, codeur en langue française parlée complétée, ou moyen équivalent | 1er mars 2027 | Décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026 |
Le décret du 2 septembre 2026 prévoit que le dispositif soit adapté à la situation de la personne, à l’objet et à la durée de l’échange, et que la confidentialité des conversations traduites ou transcrites soit garantie. Pour les urgences, le 114 reste accessible aux personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques, par SMS, application ou internet.
Avoir besoin d’une boucle magnétique ou de sous-titres pour suivre une conversation est un signal à prendre en compte. Si vous faites régulièrement répéter, si vous évitez les réunions ou les repas de famille, ou si vous montez le volume de la télévision, une évaluation de l’audition est justifiée. Le diagnostic de la cause relève du médecin ORL, qui prescrit le cas échéant l’appareillage ; l’audioprothésiste réalise ensuite le bilan audioprothétique, l’adaptation et le suivi.
Une baisse d’audition brutale, d’une ou des deux oreilles, en quelques heures ou quelques jours, constitue une urgence ORL : elle doit être évaluée sans délai par un médecin, et non attendre un rendez-vous d’appareillage.
Si votre gêne s’est installée progressivement, notre test auditif en ligne donne une première orientation en quelques minutes. Il ne remplace pas un examen médical, mais il aide à décider s’il est temps de faire le point.
Vous voulez savoir si vos appareils sont compatibles boucle magnétique ou Auracast, ou faire activer un programme T ? Nos audioprothésistes diplômés d’État vérifient vos appareils et les situations qui vous posent problème dans l’un de nos 61 centres Audition Marc Boulet en Île-de-France et dans l’Oise. Prenez rendez-vous dans le centre le plus proche de chez vous.
Rédaction : Marc Boulet, audioprothésiste diplômé d’État, Audition Marc Boulet.
Dernière mise à jour : 1er octobre 2026
La position T est le programme qui active la bobine téléphonique de l'aide auditive. Elle permet de capter le son transmis par une boucle à induction magnétique, directement depuis le micro de l'orateur, sans le bruit ni l'écho de la salle. Ce programme doit être paramétré par l'audioprothésiste lors du réglage.
Les lieux équipés affichent normalement un pictogramme représentant une oreille accompagnée de la lettre T, à l'entrée ou au guichet. En l'absence de signalétique, demandez au personnel d'accueil : la boucle doit parfois être mise en marche. Si vous n'entendez rien après avoir activé votre programme T, signalez-le, l'installation peut être éteinte ou défectueuse.
Oui, à condition que le processeur de l'implant soit équipé d'une bobine téléphonique et que le programme correspondant soit activé, ce qui est le cas de nombreux modèles. Les options varient selon le fabricant et le processeur : le centre d'implantation ou l'audioprothésiste qui assure le suivi peut le confirmer. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les implants auditifs.
Cela dépend de sa puce Bluetooth. Certains appareils récents compatibles Bluetooth LE Audio peuvent recevoir Auracast, parfois après une mise à jour logicielle ; les modèles plus anciens ne le pourront pas. Votre audioprothésiste peut vérifier la compatibilité de votre modèle et, si vous prévoyez un renouvellement, intégrer ce critère au choix de vos appareils auditifs.
Le bruit, la distance et la réverbération réduisent l'écart entre la voix utile et l'environnement sonore, et une perte auditive neurosensorielle diminue la capacité à séparer une voix du bruit. Un réglage adapté, des programmes spécifiques et des accessoires comme un micro déporté peuvent améliorer la situation. Une audiométrie vocale dans le bruit, réalisée lors d'un bilan auditif, permet de mesurer précisément cette difficulté.
Par téléphone, les services publics doivent proposer une traduction simultanée écrite et visuelle sur la totalité de leurs horaires d'ouverture depuis le 1er octobre 2026. Pour l'accueil physique, le décret n° 2026-838 prévoit à partir du 1er mars 2027 un dispositif adapté à votre demande, comme la transcription écrite instantanée. Il est conseillé de formuler cette demande à l'avance, en précisant le moyen souhaité.
Dans n'importe quel centre Audition Marc Boulet : nos audioprothésistes diplômés d'État contrôlent la présence de la bobine téléphonique, activent le programme T si nécessaire et vérifient la compatibilité Bluetooth et Auracast de vos appareils. Vous pouvez trouver le centre le plus proche de chez vous en Île-de-France et dans l'Oise.