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Une récente méta-analyse publiée dans la revue Medicine confirme l’efficacité renforcée de la bétahistine par voie orale lorsqu’elle est associée à la manœuvre d’Epley dans le traitement du vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) du canal postérieur. Sur un total de 860 patients répartis en deux groupes, ceux recevant le traitement combiné ont présenté une réduction significativement plus importante du handicap lié aux vertiges, mesurée par le Dizziness Handicap Inventory. Bien que la bétahistine soit largement prescrite dans le monde, sa biodisponibilité orale reste limitée, ce qui pousse la société Altamira Therapeutics à développer une nouvelle formulation intranasale (AM-125), dont les premiers résultats cliniques sont prometteurs. Ce développement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à optimiser la prise en charge des troubles vestibulaires tout en valorisant de nouvelles technologies de délivrance thérapeutique.
La société Altamira Therapeutics, spécialisée dans le développement de thérapeutiques basées sur l’ARN, a récemment communiqué les résultats d’un article évalué par des pairs, mettant en lumière l’efficacité de la bétahistine par voie orale dans le traitement du vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) du canal postérieur. Cette efficacité est observée lorsque la molécule est administrée en complément de la manœuvre de repositionnement canalaire bien connue des ORL : la manœuvre d’Epley.
L’article, publié dans la revue Medicine, présente les conclusions d’une méta-analyse regroupant neuf essais contrôlés randomisés, incluant un total de 860 patients atteints de VPPB du canal postérieur. Parmi ceux-ci, 432 ont été traités par la manœuvre d’Epley associée à la bétahistine, tandis que 428 ont bénéficié uniquement de la manœuvre. Les résultats sont sans appel : l’association thérapeutique a permis une réduction significativement plus importante du handicap lié aux vertiges, tel que mesuré par l’échelle Dizziness Handicap Inventory (DHI), comparativement à la manœuvre seule (p = 0,001).
La bétahistine est un petit analogue structurel de l’histamine. Elle agit comme agoniste des récepteurs histaminiques H1 et antagoniste des récepteurs H3. Contrairement à l’histamine, elle franchit la barrière hémato-encéphalique. Elle favorise la libération de plusieurs neurotransmetteurs centraux, dont l’histamine, l’acétylcholine, la dopamine et la noradrénaline. Ses effets physiologiques incluent une amélioration du débit sanguin cochléaire, vestibulaire et cérébral, ainsi qu’une facilitation de la compensation vestibulaire et une inhibition de l’activité neuronale au niveau des noyaux vestibulaires.
La bétahistine est autorisée par voie orale dans environ 115 pays, bien que les États-Unis fassent toujours exception. Elle est principalement indiquée dans le traitement du syndrome de Ménière et des vertiges d’origine périphérique. Malgré un excellent profil de tolérance, sa biodisponibilité par voie orale reste faible, ce qui limite en partie son efficacité clinique.
Le VPPB du canal postérieur est la forme la plus fréquente de vertige positionnel. Il se manifeste par des épisodes brefs mais répétés de vertige déclenchés par des changements de position de la tête par rapport à la gravité (par exemple : s’allonger, se retourner, pencher la tête en arrière). Il est causé par la présence anormale d’otoconies (cristaux de carbonate de calcium) dans l’un des canaux semi-circulaires, le plus souvent le canal postérieur. Ces débris stimulent de manière inappropriée les cellules sensorielles, provoquant des sensations vertigineuses. La manœuvre d’Epley, technique de repositionnement éprouvée, permet de les éliminer en les guidant vers le vestibule. Il ne faut pas la confondre avec la manœuvre de Valsalva qui débouche les oreilles.
La Haute Autorité américaine en ORL, l’American Academy of Otolaryngology – Head and Neck Surgery, recommande fermement l’utilisation de la manœuvre d’Epley en première intention. Toutefois, il est courant que les patients continuent à ressentir des troubles de l’équilibre ou une instabilité même après le repositionnement. Dans ces cas, la bétahistine est souvent prescrite comme traitement adjuvant afin d’accélérer la résolution des symptômes.
Selon une étude parue dans la revue Otolaryngology – Head and Neck Surgery, le VPPB représenterait entre 17 % et 42 % des diagnostics de vertige. Aux États-Unis, les plaintes pour vertiges entraînent environ 5,6 millions de consultations chaque année. Le VPPB affecte majoritairement les personnes âgées, avec un pic d’incidence entre 50 et 60 ans. Il peut grandement perturber la qualité de vie, notamment lorsqu’il empêche les patients de conduire, de monter des escaliers ou d’avoir une vie sociale active.
Pour pallier les limites de la voie orale, Altamira Therapeutics développe AM-125, une formulation brevetée de bétahistine destinée à être administrée par voie intranasale. Ce traitement est conçu pour les syndromes vestibulaires aigus (SVA), incluant notamment ceux causés par des traumatismes, des infections ou des désordres de l’oreille interne comme dans le VPPB. Cette nouvelle voie d’administration permettrait d’éviter le métabolisme de premier passage hépatique et d’obtenir une biodisponibilité 5 à 29 fois supérieure à celle de la forme orale.
Un essai clinique de phase 2, baptisé TRAVERS, a évalué l’AM-125 chez des patients présentant un syndrome vestibulaire après une chirurgie de l’oreille interne. Les résultats ont montré que le traitement permettait une compensation vestibulaire plus rapide ainsi qu’une amélioration des signes et symptômes associés.
La société prévoit de déposer une demande d’autorisation d’essai clinique (Investigational New Drug – IND) auprès de la FDA, incluant le protocole d’une phase 2 dans la population atteinte de VPPB.
Thomas Meyer, PhD, fondateur et directeur général d’Altamira, s’est réjoui de ces résultats :
« Nous sommes très heureux de voir l’utilité clinique de la bétahistine confirmée dans cette méta-analyse portant sur plusieurs études de patients atteints de VPPB. Après les résultats positifs obtenus dans le syndrome vestibulaire post-chirurgical dans l’essai TRAVERS, nous sommes confortés dans notre choix de poursuivre le développement d’AM-125 dans le cadre du VPPB. Dans les pays où elle est commercialisée, cette pathologie représente historiquement l’une des indications les plus fréquentes de la bétahistine orale. Le dépôt imminent de la demande IND constituera une étape essentielle dans notre stratégie visant à transférer ce programme innovant à un ou plusieurs partenaires, alors que nous recentrons la société autour de notre plateforme de délivrance de médicaments à base d’ARN. »