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Le vertige paroxystique positionnel bénin, ou VPPB, est la cause la plus fréquente de vertige. Il se manifeste par des crises rotatoires brèves — quelques secondes à une minute — déclenchées par un changement de position de la tête : se retourner dans le lit, se lever, se pencher, regarder en hauteur. Le mécanisme est mécanique : de minuscules cristaux se sont déplacés dans l’oreille interne et perturbent les capteurs de l’équilibre. C’est impressionnant, souvent angoissant, mais réellement bénin, et le traitement — une manœuvre de repositionnement réalisée par un professionnel formé — est rapide et efficace. Deux réserves toutefois : le diagnostic doit être confirmé par un médecin ou un masseur-kinésithérapeute spécifiquement formé aux vertiges positionnels, car certaines causes centrales ou cochléovestibulaires peuvent imiter un VPPB ; et une baisse d’audition apparue avec le vertige impose de chercher autre chose. Chez Audition Marc Boulet, nous n’intervenons pas sur le vertige lui-même ; notre rôle est auditif, et il compte plus qu’on ne le croit dans ce contexte.
Le mot « bénin » fait partie du nom de la maladie, et c’est justifié — mais seulement une fois le diagnostic posé. Un vertige n’est pas toujours un VPPB, et certaines situations imposent une réaction immédiate.
Appeler le 15 si le vertige s’accompagne de l’un de ces signes, qui orientent vers une cause neurologique et non vers l’oreille interne :
Consultation médicale rapide dans ces cas :
Un repère utile : des crises très brèves, déclenchées de façon reproductible par certaines positions de la tête, sont très évocatrices d’un VPPB. Elles ne suffisent toutefois pas à confirmer le diagnostic, qui suppose de retrouver à l’examen un nystagmus positionnel compatible avec le canal atteint. À l’inverse, un vertige permanent qui dure des heures sans discontinuer ne correspond pas à un VPPB.
| Élément | VPPB | Maladie de Ménière | Névrite vestibulaire | Origine centrale |
|---|---|---|---|---|
| Durée de la crise | Quelques secondes à 1 minute | 20 minutes à plusieurs heures | Plusieurs jours | Variable, souvent continu |
| Déclenchement | Changement de position de la tête | Spontané | Spontané | Variable, parfois positionnel |
| Audition | Normale | Baisse fluctuante, acouphènes, oreille pleine | Normale | Variable |
| Signes neurologiques | Aucun | Aucun | Aucun | Souvent présents, mais parfois discrets ou absents au début |
| Évolution | Résolution rapide après manœuvre | Crises récurrentes | Amélioration progressive | Selon la cause |
Une précision essentielle accompagne ce tableau : la durée brève et le caractère positionnel évoquent fortement un VPPB, mais ne suffisent pas à l’affirmer. Certains vertiges d’origine centrale peuvent eux aussi être déclenchés par la position, et un accident vasculaire de la fosse postérieure peut se manifester initialement sans déficit neurologique évident. Le diagnostic repose sur la reproduction, lors des manœuvres, d’un nystagmus positionnel caractéristique du canal atteint.
La maladie de Ménière se distingue nettement du VPPB par l’atteinte auditive et la durée des crises. L’ensemble des causes de vertiges liées à l’oreille interne est présenté dans notre article sur les vertiges liés à l’oreille interne.
L’oreille interne abrite deux fonctions distinctes : l’audition, assurée par la cochlée, et l’équilibre, assuré par le vestibule. Ce dernier comprend trois canaux semi-circulaires, orientés dans les trois plans de l’espace, qui détectent les rotations de la tête, et deux petites poches — utricule et saccule — qui détectent les accélérations linéaires et la gravité.
Ces poches contiennent des cristaux d’oreille, ou otoconies : de minuscules concrétions de carbonate de calcium déposées sur une membrane gélatineuse. Leur masse leur permet de répondre à la gravité, ce qui informe le cerveau de la position de la tête.
Dans le VPPB, certains de ces cristaux se détachent et migrent là où ils n’ont rien à faire : dans un canal semi-circulaire, le plus souvent le canal postérieur. À chaque mouvement de la tête, ils se déplacent dans le liquide du canal et entraînent une stimulation parasite. Le cerveau reçoit alors, depuis une oreille, un signal de rotation qui ne correspond à rien de réel, tandis que l’autre oreille et les yeux disent le contraire. Ce conflit produit la sensation de rotation et les mouvements oculaires involontaires que le médecin recherche : le nystagmus.
Ce mécanisme explique deux caractéristiques du VPPB. La crise est brève, parce que les cristaux finissent par se stabiliser. Et elle est positionnelle, parce qu’il faut un mouvement pour les remettre en marche. Le fonctionnement d’ensemble de l’organe est détaillé sur notre page fonctionnement de l’oreille.
Dans plus de la moitié des cas, aucune cause n’est retrouvée. Quand il y en a une, il s’agit le plus souvent d’un traumatisme crânien même modéré, d’une infection ou d’une inflammation de l’oreille interne, d’une chirurgie otologique, ou d’une immobilisation prolongée en position allongée. L’âge est le principal facteur favorisant : la membrane qui retient les otoconies se fragilise avec le temps. L’ostéoporose et un déficit en vitamine D sont associés à une fréquence plus élevée de VPPB et de récidives.
Le tableau est très caractéristique lorsqu’on sait quoi chercher.
Beaucoup de personnes décrivent la première crise comme terrifiante, avec la conviction d’avoir fait un accident vasculaire. Cette angoisse est banale et fait partie du tableau.
Le diagnostic est clinique : il repose sur l’interrogatoire et sur des manœuvres réalisées en consultation, pas sur des examens complémentaires.
La manœuvre de Dix-Hallpike explore le canal postérieur, de loin le plus souvent en cause. Le praticien fait passer la personne de la position assise à la position allongée, tête tournée de 45° d’un côté et légèrement en extension. L’apparition, après quelques secondes, d’un vertige et d’un nystagmus caractéristique confirme le diagnostic et désigne l’oreille atteinte. Le test rotatoire en décubitus, ou supine roll test, explore le canal horizontal lorsque le Dix-Hallpike n’est pas contributif.
Un point mérite d’être souligné, car il va à l’encontre d’une idée répandue : devant un VPPB typique, l’imagerie et les tests vestibulaires instrumentaux ne sont pas recommandés. La recommandation de pratique clinique américaine de référence, actualisée en 2017, se prononce explicitement contre le recours systématique à l’imagerie radiologique et aux explorations vestibulaires chez un patient qui remplit les critères diagnostiques, en l’absence de signes discordants. Passer un scanner ou une IRM devant un VPPB typique n’apporte rien, retarde le traitement et expose inutilement. Ces examens gardent bien sûr toute leur place dès que le tableau sort du cadre.
En France, la Haute Autorité de Santé rappelle que ces manœuvres, diagnostiques comme thérapeutiques, relèvent de médecins ou de masseurs-kinésithérapeutes spécifiquement formés.
La logique est purement mécanique : puisque le problème vient de cristaux mal placés, il s’agit de les guider hors du canal semi-circulaire vers l’utricule, où ils cessent de gêner. C’est le principe des manœuvres libératoires.
La manœuvre d’Epley est la plus utilisée pour le canal postérieur : une séquence de positions successives de la tête et du corps, tenues chacune quelques dizaines de secondes. La manœuvre de Semont en est une alternative, fondée sur un mouvement rapide d’un côté à l’autre. La manœuvre de Lempert, ou barbecue roll, s’adresse au canal horizontal. Le choix dépend du canal concerné, donc du diagnostic préalable — ce qui explique pourquoi l’autotraitement à l’aveugle est une mauvaise idée.
L’efficacité est élevée, et souvent spectaculaire : beaucoup de personnes repartent de la consultation débarrassées de leur vertige, parfois en une seule séance. Plusieurs séances sont parfois nécessaires.
Deux précisions issues des recommandations actuelles méritent d’être connues.
D’abord, les restrictions posturales après la manœuvre ne sont pas justifiées. Il fut un temps où l’on conseillait de dormir assis ou d’éviter de se pencher pendant plusieurs jours ; la recommandation américaine de 2017 se prononce explicitement contre ces consignes, qui n’améliorent pas les résultats.
Ensuite, les médicaments antivertigineux ne sont pas un traitement du VPPB. La même recommandation se prononce contre l’usage systématique des suppresseurs vestibulaires — antihistaminiques, benzodiazépines — dans cette indication : ils n’agissent pas sur la cause, peuvent masquer le tableau et gêner l’examen, et exposent chez la personne âgée à la somnolence et au risque de chute. Ils gardent une place ponctuelle et de courte durée sur des nausées ou des vomissements incoercibles, sur décision du médecin. Aucun médicament, quel qu’il soit, ne remet un cristal à sa place.
Enfin, le VPPB peut guérir seul : la Haute Autorité de Santé indique qu’il disparaît spontanément dans environ 30 % des cas en une semaine. Attendre reste donc une option raisonnable, mais la manœuvre fait gagner du temps et réduit le risque de chute pendant l’épisode.
Le VPPB récidive volontiers, et c’est souvent ce qui inquiète le plus une fois la première crise passée. Une récidive ne signifie pas que la manœuvre a échoué : un nouvel épisode de déplacement d’otoconies est survenu. Une étude prospective de suivi a retrouvé un taux de récidive de 27 %, dont la moitié dans les six premiers mois, et surtout un point pratique important : au moins 70 % des récidives touchaient un autre canal ou l’autre oreille que l’épisode initial. C’est donc le syndrome qui récidive plutôt qu’un canal donné, ce qui justifie de réexaminer l’ensemble des canaux des deux côtés à chaque nouvel épisode.
Un essai randomisé multicentrique publié en 2020 dans Neurology, mené chez plus de mille patients traités avec succès par manœuvre, a évalué l’effet d’une supplémentation en vitamine D et calcium chez ceux dont le taux sanguin de vitamine D était bas. Le taux annuel de récidive a diminué dans le groupe supplémenté, et la proportion de patients ayant récidivé est passée de 46,7 % à 37,8 %. Les auteurs classent eux-mêmes ce résultat en niveau de preuve intermédiaire et concluent qu’une supplémentation peut être envisagée chez les patients à crises fréquentes, en particulier lorsque la vitamine D est insuffisante.
À retenir sans surinterpréter : il ne s’agit pas d’un traitement du VPPB, et cela ne concerne que les personnes carencées et sujettes aux récidives. Le dosage et la supplémentation relèvent du médecin.
Nous ne réalisons pas de manœuvre libératoire et nous ne traitons pas le vertige. Notre contribution se situe à trois endroits précis, et elle est loin d’être accessoire.
Le VPPB lui-même n’altère pas l’audition, et c’est un critère diagnostique majeur. Attention toutefois à la formulation : une personne atteinte de VPPB peut parfaitement avoir par ailleurs une presbyacousie ou une autre atteinte cochléaire préexistante. Ce qui compte est la chronologie — une baisse d’audition apparue avec le vertige doit faire rechercher une autre affection cochléovestibulaire, par exemple une maladie de Ménière, une labyrinthite, ou une autre atteinte de l’oreille interne. À noter qu’une névrite vestibulaire, elle, évolue classiquement sans perte auditive.
Le dépistage auditif que nous réalisons apporte donc un élément objectif au médecin. Il associe l’audiométrie tonale, l’audiométrie vocale et, si besoin, une tympanométrie. L’ensemble de ces examens figure sur notre page tests auditifs, et la lecture des résultats est expliquée dans notre article sur l’audiogramme. Un acouphène associé, en particulier s’il bat au rythme du pouls, relève d’une exploration spécifique décrite dans notre article sur l’acouphène pulsatile.
C’est le point le plus important, et le plus sous-estimé.
Le VPPB touche préférentiellement les personnes âgées, chez qui il augmente nettement le risque de chute — avec les conséquences que l’on connaît : fracture du col du fémur, hospitalisation, perte d’autonomie. Or l’équilibre ne dépend pas seulement du vestibule : il résulte de l’intégration de trois sources d’information, la vue, la proprioception et l’oreille interne, à quoi s’ajoute l’audition qui fournit au cerveau une carte sonore de l’environnement.
Une personne qui entend mal consacre une part importante de ses ressources attentionnelles à comprendre ce qui se dit. Cette charge cognitive se fait au détriment du contrôle postural, et c’est l’un des mécanismes avancés pour expliquer le lien entre audition et équilibre.
Ce lien est aujourd’hui bien documenté. Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2025 dans JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery, portant sur 27 études et plus de cinq millions de participants, retrouve chez les personnes malentendantes un risque de chute majoré, avec un odds ratio ajusté de 1,51 dans les études transversales et un risque relatif de 1,17 dans les études longitudinales.
Reste la question qui compte vraiment : corriger l’audition réduit-il les chutes ? Une analyse secondaire de l’essai randomisé ACHIEVE, publiée en 2025 dans The Lancet Public Health, apporte un élément de réponse. Chez 977 adultes de 70 à 84 ans présentant une perte auditive non traitée, le groupe ayant bénéficié d’un accompagnement audiologique avec appareillage a présenté 27 % de chutes en moyenne de moins sur trois ans que le groupe témoin — 1,45 chute contre 1,98. Il s’agit d’un critère exploratoire prédéfini et d’une analyse secondaire, ce qui invite à la prudence, et l’étude ne portait pas sur des patients atteints de VPPB.
Corriger l’audition ne soigne donc pas le VPPB, et ce n’est pas ce que disent ces travaux. Mais chez une personne âgée qui cumule un VPPB et une perte auditive non corrigée, identifier et traiter cette dernière constitue un levier documenté dans une stratégie globale de prévention des chutes — et il est trop souvent oublié. Les recommandations sur le VPPB insistent d’ailleurs sur l’évaluation des facteurs qui modifient la prise en charge, dont les troubles de la mobilité et le risque de chute.
Si le dépistage met en évidence une perte auditive, l’appareillage se discute pour lui-même. La presbyacousie est la situation la plus fréquente chez les personnes concernées par le VPPB. Le choix du matériel est expliqué sur nos pages comment choisir son aide auditive et appareils auditifs en conduction aérienne, et les modalités financières sur notre page prise en charge et remboursements.
Un détail pratique compte dans ce contexte : chez une personne sujette aux crises, nous privilégions des appareils faciles à manipuler et bien tenus dans l’oreille, qui ne se déplacent pas lors des mouvements de tête ou lors d’une manœuvre.
Nous ne posons pas le diagnostic de VPPB, nous ne pratiquons pas de manœuvre de Dix-Hallpike ni d’Epley, et nous ne prescrivons aucun traitement. Ces gestes relèvent du médecin ORL, du généraliste formé ou du masseur-kinésithérapeute spécifiquement formé aux vertiges positionnels. Devant un vertige, notre rôle est d’orienter.
Un VPPB typique n’impose pas à lui seul un dépistage auditif. Une évaluation devient pertinente si une baisse auditive, des acouphènes ou une sensation d’oreille pleine accompagnent le vertige, si une perte auditive est déjà suspectée, ou chez une personne âgée dont l’audition n’a pas été évaluée récemment — auquel cas elle écarte une atteinte associée de l’oreille interne et identifie un facteur de risque de chute corrigeable. Ce dépistage auditif est réalisé sans engagement dans nos centres, et le déroulement de la première visite figure sur notre page premier rendez-vous avec un audioprothésiste. Les situations qui justifient une consultation sont détaillées sur notre page quand consulter un audioprothésiste.
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Rédaction : Marc Boulet, audioprothésiste diplômé d’État, Audition Marc Boulet.
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026.
La sensation rotatoire caractéristique dure moins d'une minute, souvent une vingtaine de secondes, avec un court délai entre le mouvement déclenchant et le début du vertige. En revanche, une sensation d'instabilité ou de flottement — ce que la littérature appelle l'instabilité résiduelle — peut persister plusieurs heures et parfois plusieurs jours après les crises ou après une manœuvre pourtant réussie. Ce n'est pas un échec du traitement. À l'inverse, un vertige rotatoire continu pendant plusieurs heures ne correspond pas au tableau habituel d'un VPPB et justifie une évaluation médicale.
Le VPPB lui-même ne provoque pas de baisse d'audition : il touche la partie vestibulaire de l'oreille interne, pas la cochlée. Cela ne veut pas dire qu'une personne atteinte de VPPB entend forcément bien — elle peut avoir par ailleurs une presbyacousie. Ce qui compte est la chronologie : une baisse d'audition, des acouphènes ou une sensation d'oreille pleine apparus en même temps que le vertige orientent vers une autre affection — maladie de Ménière, labyrinthite, ou autre atteinte cochléovestibulaire — et doivent conduire à consulter. Les différents types de surdités se distinguent précisément sur ce type de critères.
Pas avant que le diagnostic, le canal atteint et le côté concerné aient été identifiés — ce que seul l'examen détermine. Une manœuvre choisie au hasard risque surtout d'être inefficace parce qu'appliquée au mauvais canal ou du mauvais côté ; elle peut aussi provoquer un vertige intense et, plus rarement, entraîner une conversion des cristaux vers un autre canal. En revanche, après un diagnostic confirmé et un apprentissage encadré, certains patients présentant des récidives typiques peuvent apprendre à réaliser une manœuvre à domicile, sur conseil de leur professionnel de santé.
Pas devant un VPPB typique. Les recommandations internationales se prononcent contre le recours systématique à l'imagerie et aux tests vestibulaires instrumentaux chez un patient qui remplit les critères diagnostiques, en l'absence de signes discordants. Ces examens redeviennent nécessaires dès que le tableau sort du cadre — signes neurologiques, atteinte auditive, réponse anormale aux manœuvres.
Ils ne traitent pas le VPPB, puisqu'ils n'agissent pas sur les cristaux déplacés. Les recommandations déconseillent l'usage systématique des suppresseurs vestibulaires dans cette indication : ils masquent le tableau, gênent l'examen et augmentent le risque de chute chez la personne âgée. Ils gardent une place ponctuelle et brève sur des nausées importantes, sur décision du médecin.
Non. Cette consigne, longtemps donnée, n'est plus recommandée : les restrictions posturales après le repositionnement n'améliorent pas les résultats. Vous pouvez reprendre une position de sommeil normale.
Oui, cela arrive fréquemment. La Haute Autorité de Santé indique une disparition spontanée dans environ 30 % des cas en une semaine. L'attente reste donc une option, mais la manœuvre fait gagner du temps et réduit l'exposition au risque de chute pendant l'épisode.
Une récidive ne signifie pas que la première manœuvre a échoué. Le VPPB peut réapparaître lorsqu'un nouvel épisode de déplacement d'otoconies survient — et pas nécessairement au même endroit : une étude prospective a retrouvé qu'au moins 70 % des récidives concernaient un autre canal ou l'autre oreille que l'épisode initial. C'est le syndrome qui récidive, plus qu'un canal en particulier, ce qui impose de réexaminer l'ensemble des canaux des deux côtés plutôt que de répéter automatiquement la même manœuvre. Les récidives deviennent plus fréquentes avec l'âge et en présence de certains facteurs associés.
Un essai randomisé mené chez plus de mille patients a montré une réduction des récidives chez les personnes supplémentées en vitamine D et calcium lorsque leur taux sanguin était bas, avec une proportion de patients récidivants passant de 46,7 % à 37,8 %. Cela ne concerne que les personnes carencées et sujettes aux crises fréquentes, et ce n'est pas un traitement du VPPB. Le dosage et la prescription relèvent du médecin.
Un médecin ORL, un généraliste formé, ou un masseur-kinésithérapeute spécifiquement formé aux vertiges positionnels. La Haute Autorité de Santé précise que les praticiens non formés à ces manœuvres doivent réorienter le patient. L'audioprothésiste ne pratique ni le diagnostic ni les manœuvres : son rôle est d'évaluer l'audition, ce qui aide à distinguer le VPPB d'autres atteintes de l'oreille interne, et d'orienter. Notre approche du métier est présentée sur notre page philosophie, et les raisons de choisir un praticien indépendant sur notre page audioprothésiste indépendant.
Un VPPB typique n'impose pas à lui seul un dépistage auditif systématique. Une évaluation de l'audition devient pertinente lorsqu'une baisse auditive, des acouphènes ou une sensation d'oreille pleine sont associés au vertige, lorsqu'une perte auditive est déjà suspectée, ou chez une personne âgée dont l'audition n'a pas été évaluée récemment. Chez cette dernière, l'intérêt dépasse le diagnostic différentiel : la perte auditive est associée à une augmentation du risque de chute, et une analyse randomisée de l'étude ACHIEVE publiée en 2025 a retrouvé moins de chutes chez les participants ayant bénéficié d'une intervention audiologique avec appareillage. Cette étude ne portait pas spécifiquement sur le VPPB, mais elle renforce l'intérêt de corriger une perte auditive associée dans une stratégie globale de prévention des chutes. Chez une personne sujette au VPPB, les deux facteurs s'additionnent, et corriger l'audition est un levier concret de prévention. Le déroulement d'un appareillage est décrit sur notre page les étapes de l'appareillage. Nos repères sur les troubles de l'audition vous aideront à situer votre situation.